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Mon Chien Stupide

Mon chien stupide

Dans cette adaptation française du roman éponyme de l’écrivain américain John FANTE, le réalisateur et acteur Yvan ATTAL renoue avec la comédie, son terrain de jeu favori.

Dès la scène d’ouverture, le ton est donné

Mauvaise foi et cynisme seront les deux vecteurs qui animeront le personnage principal. Henry, un homme lâche qui n’assume pas ou plus grand-chose, un écrivain en mal d’inspiration, se trouve en proie aux tumultes de la fameuse crise existentielle de la cinquantaine.

Marié à la même femme depuis 25 ans et père de 4 enfants

Il rêve de tout plaquer pour se recentrer davantage sur son nombril et faire de son égocentrisme exacerbé un leit motiv quotidien.

Sa rencontre avec un mâtin de Naples, un chien aussi puant qu’imposant qu’il nommera Stupide, lui servira de prétexte idéal pour disloquer un à un les membres de sa famille, en voie de perdition et totale dispersion.

Yvan ATTAL poursuit son analyse du couple qu’il forme avec sa compagne, tant à la ville qu’à l’écran Charlotte GAINSBOURG, après « Ma femme est une actrice » en 2001 et « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » en 2003.

Une mise en scène soignée

Il parvient à insuffler un aspect ludique et burlesque à certaines situations, à travers lesquelles le spectateur s’amuse à démêler le faux du vrai, cherchant à savoir quel peut être le soupçon de vérité de ce qui se dégage à l’écran.

Fiction ? Autobiographie ?

Il y a forcément un peu des deux dans ce “chien stupide” aux allures de fiction autobiographique, et c’est sans doute là, l’une de ses forces majeures.

Charlotte GAINSBOURG, en épouse dépressive d’un auteur à l’égo surdimensionné et improductif depuis des décennies, a su sacrifier sa vie professionnelle pour élever ses enfants.

Elle supporte de moins en moins le vide affectif et intellectuel de son existence, qu’elle tente de combler par l’alcool et la prise excessive d’anti dépresseurs.

Aux côtés de Yvan ATTAL et Charlotte GAINSBOURG, qui de mieux que Ben ATTAL pour interpréter l’aîné de la fratrie et qui fait ici ses premiers pas devant la caméra bienveillante de son père ?

En dépeignant les affres de la vie maritale et familiale, le temps qui passe, l’usure des sentiments et la difficulté pour un artiste, de concilier carrière et vie de famille, MON CHIEN STUPIDE pose des questions qui donnent à réfléchir sur la lassitude du couple.

A la fois drôle, grinçante et cynique, une modernité folle englobe cette comédie pour le moins séduisante.

Un film qui a du punch, qui trouve son tempo une fois les 20 premières minutes passées, et dont l’humour acide at caustique nous accompagne jusqu’aux derniers instants.

Moins corrosif que l’œuvre originale MON CHIEN STUPIDE s’impose comme un film tendrement mélancolique, porteur d’une note d’espoir sur l’éternité d’un amour.

Laurence Salfati

En salles le 30 octobre 2019

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